L’adénomyose. Saignements, douleurs, règles importantes

 

Qu’est-ce que l’adénomyose ?

L’adénomyose utérine est souvent définie comme étant l’endométriose interne à l’utérus. Cela signifie que des cellules de l’endomètre, c’est-à-dire de la muqueuse qui tapisse l’utérus, s’infiltrent dans le muscle de la paroi utérine : le myomètre, à cause d’une anomalie, et y forment des kystes. Ces kystes se développent généralement de façon isolée ou par quelques foyers (adénomyose focale). Mais dans certains cas l’adénomyose touche l’ensemble du muscle utérin (adénomyose diffuse). Pour autant, il arrive que les kystes soient importants et nombreux, entraînant un épaississement et une déformation de la paroi du myomètre. Cette pathologie bénigne est très fréquente, elle concernerait entre 11 à 13% de la population féminine, mais elle touche essentiellement les femmes qui ont entre 35 et 50 ans et qui ont eu plusieurs enfants. Ainsi une femme sur deux entre 40 et 50 ans souffre d’adénomyose. Il existe d’ailleurs une corrélation entre l’endométriose pelvienne et l’adénomyose (dans 6 à 20% des cas, les deux sont associées), pour autant, une femme peut avoir de l’adénomyose sans avoir d’endométriose. Et inversement.

Il existe deux formes d’adénomyose utérine : 

  • L’adénomyose utérine superficielle : peut entraîner un épaississement du myomètre jusqu’à 12 mm. Il y a souvent la présence de saignements importants pendant en dehors des règles.
  • L’adénomyose utérine profonde : présence de saignements pendant et en dehors des règles, mais aussi de douleurs importantes.

Quelles sont les causes de l’adénomyose ?

Les causes de l’adénomyose sont très peu connues à l’heure actuelle. Certains spécialistes évoquent un déséquilibre hormonal (du taux d’œstrogène notamment), une arrivée tardive des premières règles, des facteurs génétiques, un endomètre très développé (hyperplasie endométriale) ou encore une occurrence plus élevée chez les femmes ayant subi une grossesse, notamment si le placenta présentait des anomalies, ou encore une chirurgie utérine (césarienne, curetage, …), une fausse couche spontanée ou un IVG. Mais aussi un traitement par Tamoxifène, notamment utilisé dans le traitement du cancer du sein.

De plus, l’adénomyose est souvent constatée chez les femmes infertiles. En effet une adénomyose importante pourrait créer une réaction inflammatoire qui empêcherait l’implantation de l’embryon dans l’utérus. D’ailleurs, le risque de fausse couche chez une femme souffrant d’adénomyose doublerait.

Enfin, l’adénomyose serait associée dans environ 30% des cas à la présence de fibromes utérins

Quels sont les symptômes de l’adénomyose ?

L’adénomyose peut être à l’origine de plusieurs symptômes, dont : 

  • Des ménorragies : c’est-à-dire des règles très longues et abondantes dans 50% des cas. 
  • Des métrorragies : c’est-à-dire des pertes de sang an dehors des règles dans 20% des cas.

Ces deux phénomènes couplés se nomment « ménométrorragies » et sont dus au fait que le tissu endométrial présent dans le myomètre se comporte comme s’il se trouvait à son emplacement initial et se remplit donc de sang et gonfle sous la pression. Cela pourrait aussi expliquer les douleurs ressenties dans le bas-ventre, mais aussi au niveau de lombaires, notamment au moment des règles.

Pour autant, dans un tiers des cas l’adénomyose est asymptomatique et est découverte au cours d’un examen d’imagerie gynécologique, souvent prescrit pour comprendre une infertilité ou une fausse couche (risque multiplié par deux si une femme souffre d’adénomyose).

Comment diagnostiquer l’adénomyose ? 

Comme nous venons de l’expliquer, l’adénomyose est constatée lors d’examens, notamment : 

  • L’échographie : permet de voir si l’utérus a augmenté de volume, s’il a des parois asymétriques, ou un myomètre enflammé et épais. L’utérus n’a souvent plus sa forme triangulaire initiale. Elle doit être réalisée durant la 2ème partie du cycle. Une Echographie endovaginale (sonde introduite dans le vagin) et d’ailleurs plus précise.
  • Une IRM : en second lieu une IRM peut être réalisé pour lever des doutes sur une possible endométriose associée. Celle-ci est réalisée en dehors du cycle.
  • L’hystéroscopie ou hystérosalpingographie : pour effectuer un bilan d’infertilité si nécessaire
  • Des examens d’imagerie associés pour déterminer le degré d’extension ou rechercher une pathologie utérine associée (endométriose, fibrome utérin, …).

Néanmoins, comme cette maladie est encore peu connue, son diagnostic est souvent posé très tardivement, soit après 6 à 10 ans, les professionnels de santé préférant peut-être soulager les symptômes que la cause. De plus, un certain nombre de femmes sont atteintes d’adénomyose sans le savoir car leur contraception masque les symptômes.

Comment traiter l’adénomyose ?

A noter : on ne traite que les femmes symptomatiques (si douleurs et saignements importants).

Pour lutter contre l’adénomyose, plusieurs traitements existent. Le choix dépend notamment de si la femme souhaite avoir un enfant par la suite ou non :  

  • L’embolisation des artères utérines consiste à inclure des petites billes de gel dans les artères utérines afin de diminuer l’intensité des ménorragies. Pour autant une femme sur deux constatera un retour des symptômes dans les deux ans qui suivent. 
  • GnRH et add-back therapy : un traitement qui agit en diminuant l’épaississement du volume utérin et des symptômes associés (dysménorrhée, ménorragies), notamment en jouant sur le taux d’œstrogènes. 
  • DIU hormonal, pilule, progestérone : pour diminuer les ménorragies, le volume utérin et corrige l’anémie.
  • Progestatif en continu : qui permet une atrophie de l’endomètre.
  • Ablation de l’endomètre par thermocoagulation ou par émission d’ondes, hystéroscopie
  • Hystérectomie (ablation de l’utérus)

Néanmoins, certaines solutions naturelles peuvent être envisagées comme la consommation régulière de légumes de la famille des crucifères (chou, brocolis...). En effet, cela pourrait réduire les symptômes de l’adénomyose car ils agissent sur le taux d’hormones féminines. De plus, une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une gestion du stress peuvent limiter le risque de développement ou de récidive d’adénomyose.


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés