📌 Points clés à retenir
Une étude récente montre que le stress maternel prénatal affaiblit la barrière cutanée des nouveau-nés via la programmation des mastocytes fœtaux, favorisant le développement d’un eczéma précoce. Ces résultats s’inscrivent dans une cohérence avec les données épidémiologiques humaines montrant une corrélation entre anxiété maternelle et risque accru d’eczéma chez l’enfant. Ils mettent en lumière l’importance d’un suivi psychologique global des femmes enceintes comme piste de prévention.
Une nouvelle piste d’explication pour l’eczéma infantile
L’eczéma du nourrisson, aussi appelé dermatite atopique, touche un enfant sur cinq en France. Rougeurs, démangeaisons, troubles du sommeil… ses effets sur la qualité de vie du bébé et de ses parents sont bien connus. Pourtant, ses origines exactes restent complexes à cerner. Une étude publiée le 27 août 2025 dans la revue Nature apporte un nouvel éclairage en mettant en évidence le rôle possible du stress maternel pendant la grossesse dans la vulnérabilité cutanée du nouveau-né.
Une exposition au stress qui modifie la barrière cutanée
L’étude, conduite par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’Université de Toulouse, s’appuie sur un modèle animal pour explorer les effets d’une anxiété prénatale sur le développement de la peau et du système immunitaire du fœtus. Leurs résultats sont significatifs et ouvrent de nouvelles pistes de recherche.
Dans cette recherche, les scientifiques ont exposé des souris gestantes à des conditions lumineuses stressantes pendant la gestation. Cette exposition a induit une augmentation du taux de cortisol, l’hormone du stress, chez les femelles enceintes. Résultat : les souriceaux à la naissance présentaient une peau plus perméable, une perte en eau accrue et une barrière cutanée affaiblie.
Ces anomalies ont été associées à une activation anormale des mastocytes cutanés, des cellules immunitaires impliquées dans les réactions inflammatoires. La peau des nouveau-nés ainsi exposés au stress in utero réagissait plus intensément aux frottements ou agressions, avec une apparition rapide de lésions eczémateuses et une hypersensibilité de la peau.
L’étude démontre donc qu’une anxiété maternelle peut avoir un effet biologique direct sur la peau du futur bébé, via des modifications du système immunitaire et sensoriel.

Des résultats à mettre en perspective avec les analyses humaines
Ces travaux ont été menés sur un modèle animal, ce qui invite à la prudence dans leur interprétation. Toutefois, ils sont en cohérence avec des données déjà connues en épidémiologie humaine. Plusieurs analyses ont en effet montré une corrélation entre un stress maternel – notamment au deuxième trimestre de grossesse – et une augmentation du risque d’eczéma chez l’enfant au cours de sa première année.
Par exemple, un examen de cohorte montre que le stress vécu avant la conception ou en début de grossesse augmente significativement ce risque : le stress perçu affectant la santé avant la conception est associé à un risque accru d’eczéma atopique à 12 mois.
Ces données, croisées aux résultats obtenus sur les souris, renforcent l’hypothèse selon laquelle le stress prénatal pourrait être un facteur de risque environnemental non négligeable dans l’apparition de l’eczéma ou maladie du derme.
L’importance d’un suivi global de la santé maternelle
Au-delà de ces conclusions scientifiques, cette enquête souligne l’importance de prendre en compte la santé psychologique des femmes enceintes. Un accompagnement adapté, incluant la gestion du stress, pourrait s’inscrire dans une démarche de prévention globale, au bénéfice de la mère comme de l’enfant. En attendant, pour limiter l'anxiété au maximum pendant cette période, nous proposons de la lingerie absorbante de grossesse, pour vos pertes légères et petits tracas.
Même si les mécanismes précis doivent encore être validés chez l’humain, les résultats publiés dans Nature ouvrent la voie à des recherches cliniques sur les liens entre environnement prénatal, développement cutané et pathologies inflammatoires précoces.
La FAQ de l’eczéma du nourrisson et du stress prénatal
Est‑ce que le stress pendant la grossesse provoque directement l’eczéma du bébé ?
Les recherches disponibles, y compris l’étude parue dans Nature, ne permettent pas d’affirmer une causalité directe chez l’humain. Cependant, les résultats convergent vers une influence réelle du stress maternel sur la vulnérabilité de la peau du nouveau-né, en particulier via des mécanismes hormonaux et immunitaires.
Quel est le rôle du cortisol dans cette réaction ?
Le cortisol, hormone du stress, franchit le placenta et agit sur le développement du fœtus. Dans cette étude, il a été identifié comme un facteur perturbant la fonction des mastocytes cutanés et des neurones sensoriels, rendant la peau plus sensible et sujette à l’inflammation.
Peut‑on réduire le risque d’eczéma en diminuant le stress pendant la grossesse ?
Bien que la prévention de l’eczéma ne puisse se limiter à la gestion du stress, il est probable que réduire les facteurs de stress pendant la grossesse ait un effet bénéfique. Des approches de soutien psychologique ou des techniques de relaxation peuvent être utiles dans ce cadre.
Pourquoi le deuxième trimestre semble‑t‑il particulièrement important ?
Le deuxième trimestre est une période de développement intense du système immunitaire et cutané du fœtus. Une exposition au stress à ce moment pourrait avoir des conséquences durables sur la façon dont la peau réagit aux agressions après la naissance.
Quels sont les signes de l’eczéma chez un nourrisson ?
Les signes de l’eczéma chez un nourrisson incluent des rougeurs, des démangeaisons, une peau sèche ou irritée, ainsi que des lésions inflammatoires situées principalement sur les joues, le front, les bras et les jambes. Chez certains bébés, l’eczéma peut perturber le sommeil en raison des démangeaisons nocturnes.
Comment le stress impacte-t-il la grossesse ?
Le stress pendant la grossesse peut influencer le développement fœtal via une élévation du taux de cortisol, l’hormone du stress. Celui-ci traverse le placenta et agit sur le système immunitaire du fœtus, pouvant notamment affaiblir la barrière cutanée et augmenter la vulnérabilité à l’eczéma chez le bébé après la naissance.
Quelles stratégies pour réduire le stress pendant la grossesse ?
Pour réduire le stress pendant la grossesse, des approches telles que le soutien psychologique, la relaxation, la pleine conscience, le suivi médical régulier et un environnement apaisant peuvent être bénéfiques. Limiter le stress prénatal contribue à protéger le développement du système immunitaire et cutané du bébé.
Quels sont les traitements disponibles pour l’eczéma chez les bébés ?
Les traitements de l’eczéma chez les bébés incluent l’application de crèmes hydratantes pour renforcer la barrière cutanée, ainsi que des dermocorticoïdes (crèmes à base de cortisone) prescrits par un médecin en cas de poussées inflammatoires. Une surveillance médicale permet d’adapter le traitement à l’évolution de l’eczéma du nourrisson.
🔬 Sources scientifiques et institutionnelles
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Serhan N., Abdullah N. S., Gheziel N. et al. (INSERM, CNRS, Université de Toulouse) :
Maternal stress triggers early‑life eczema through fetal mast cell programming, Nature, 27 août 2025. 👉 Lire -
El‑Heis S. et al. :
Maternal preconception stress and offspring atopic eczema at 12 months, étude de cohorte prospective (Southampton Women’s Survey). 👉 Lire -
Shen Q. et al. :
Association between maternal perceived stress in pregnancy (troisièmes trimestres) and infant atopic dermatitis, étude de cohorte prospective, Frontiers in Pediatrics, 2020. 👉 Lire -
Wikipédia :
Développement d’origine prénatale (Developmental origins of health and disease). 👉 Lire