Contraception et menstruations

L’inégalité hommes / femmes face à la contraception

Les trois moyens de contraception les plus utilisés en France sont dans l’ordre la pilule, le stérilet et le préservatif, les deux premiers s’adressant exclusivement aux personnes de sexe féminin. Il est d’ailleurs regrettablement facile d’observer que les femmes sont toujours plus mises en garde, et surtout mises en cause, lorsqu’il s’agit de grossesse non souhaitée, que les hommes pour qui les moyens de contraception hormonaux sont loin de se développer à la vitesse de l’éclair. Et bien qu’une pilule contraceptive pour homme soit actuellement à l’étude aux Etats-Unis, il suffit d’aller voir les commentaires sous les articles internet qui relaient l’information pour se rendre compte que le partage de la responsabilité prendra du temps à évoluer. Les possibles effets secondaires négatifs sont souvent remis en cause par la gente masculine, qui semble ainsi ignorer ceux de la pilule contraceptive féminine que les femmes supportent depuis 1967 (date à laquelle l’usage de celle-ci est légalisé en France).

D’ailleurs, toutes les grandes études trouvées à propos de l’utilisation de contraceptifs, se basent sur des témoignages et participations de femmes, et jamais d’hommes. La preuve que la contraception est considérée communément comme la responsabilité de la femme.

Une utilisation uniquement contraceptive de la pilule ?

Et puis chez Elia, on se pose aussi la question de l’utilisation des moyens de contraception. On peut notamment lire dans les journaux que «3 adolescentes sur 5 choisissent la pilule comme moyen contraceptif », mais la choisissent-elles vraiment comme contraceptif ? Ou choisissent-elles simplement de réguler leurs menstruations trop abondantes, trop douloureuses ? Ne sont-elles pas tout simplement malgré elles et très tôt confrontées au contrôle de leur sexualité, alors même qu’elles cherchent à contrôler leurs règles ?

En effet, lorsque l’on souhaite réguler médicalement ses menstruations, un objectif qui n’a absolument rien de sexuel, il faut impérativement en passer par des solutions liées, elles, à la sexualité. On peut alors s’interroger d’une part sur l’absence de médication spécifiquement indiquée pour la régulation menstruelle, et d’autre part sur l’impact que cela peut avoir sur les adolescentes. Ayant automatiquement recours à un moyen contraceptif pour contrôler leurs règles, les menstruations n’en deviennent-elle alors pas un sujet sexualisé, et même hétéro-sexualisé ?

Il est d’ailleurs drôle de penser qu’à l’origine, la pilule avait été commercialisée en 1957 aux Etats-Unis, uniquement sur prescription dans les cas de dysménorrhées et de fausse couche. Une manière détournée de commercialiser un contraceptif, qui aurait été bien trop mal perçu par la société à cette époque. Les Etats Unis attendront 1960 avant de devenir le premier pays à autoriser son utilisation contraceptive. Mais nous n’avons trouvé aucune étude qui indique aujourd’hui quelle utilisation les femmes en font réellement. Alors si plus de 7 femmes sur 10 ont recours à la contraception, combien y ont recours en priorité pour réguler leurs cycles ?

Les moyens de contraception dans le monde

Bien qu’en France la pilule soit le moyen de contraception le plus utilisé, cela est loin d’être le cas dans le reste du monde. En effet, selon une étude des 2015, le moyen de plus utilisé à l’échelle mondiale est tout simplement la stérilisation, en tête en Inde, au Brésil, en République Dominicaine et dans les pays anglo-saxons : Etats-Unis, Canada et Royaume Uni. Le stérilet arrive ensuite en deuxième position mondiale, notamment par son utilisation majoritaire en Chine où la population atteint presque 1,4 milliard d’habitants, ainsi qu’en Egypte. Le préservatif masculin quant à lui n’arrive qu’en 4ème position, après la pilule. Sur les pays étudiés, il n’y a qu’au Japon qu’il est majoritaire, et de loin. Sur les 56,5% de Japonaises qui déclarent avoir recours un à moyen de contraception, 82% disent utiliser un préservatif avec leurs partenaires sexuels. Les moyens contraceptifs semblent donc être étroitement liés à un aspect culturel, mais surement voué à évoluer avec le temps. 




Sources :

  • https://www.lequotidiendumedecin.fr/archives/une-nouvelle-pilule-pour-homme-passe-les-premiers-tests-de-securite
  • http://theconversation.com/la-pilule-premiere-methode-de-contraception-en-france-mais-pas-dans-le-monde-89207

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