Qu'est-ce que le déni de grossesse ?

Qu'est-ce que le déni de grossesse  ?

Qu’est-ce que le déni de grossesse ?

Le déni de grossesse est une des formes de négation de la grossesse. Il désigne le fait d’être enceinte depuis au moins trois mois sans le savoir, sans en avoir conscience. En effet, les signes habituels d’une grossesse sont très faibles, voire absents et peuvent passer inaperçus. Que ce soit pour la femme ou pour son entourage. Les spécialistes appellent d’ailleurs ce phénomène la « contagion » du déni de grossesse. 

Le déni de grossesse peut toucher des femmes de tous âges, de tous milieux sociaux, de tous profils conjugaux, etc. Il peut même toucher des femmes qui pensaient être stériles ou ménopausées, ou encore des femmes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants, et qui connaissent donc les signes cliniques d’une grossesse.

Pour autant, le déni de grossesse n’a souvent rien à voir avec l’envie ou non d’avoir un enfant.

Plusieurs formes de déni de grossesse ? 

Il existe deux formes de déni de grossesse selon les spécialistes,

  • Le déni de grossesse partiel :  la femme découvre sa grossesse après le premier trimestre mais avant le terme. Il arrive d’ailleurs que le corps de la femme se transforme très rapidement, passant d’un ventre plat à un ventre bombé dès la découverte de la grossesse.

  • Le déni de grossesse total : la femme découvre sa grossesse lors de l’accouchement, après une consultation aux urgences pour de fortes douleurs abdominales par exemple, ou encore lors d’un accouchement inopiné à domicile.

Le déni de grossesse ne doit d’ailleurs pas être confondu avec la grossesse cachée. En effet, dans ce cas, la mère est consciente de sa grossesse et elle choisit de le cacher à son entourage de manière volontaire. 

Les signes cliniques qui induisent en erreur : 

Dans le cas d’un déni de grossesse, il existe un certain nombre de signes cliniques qui contribue à induire en erreur la femme enceinte, son entourage, et parfois aussi les professionnels de santé :

  • L’absence d’aménorrhée, c’est-à-dire ne pas avoir un arrêt de règles,

  • La prise d’une contraception,

  • Une absence ou une faible augmentation du périmètre abdominal,

  • Une prise de poids très faible, nulle, voire une perte de poids,

  • La non-perception ou la non-identification des mouvements fœtaux,

  • Atténuation de symptômes habituels de la grossesse comme : tension dans les seins, respiration courte, fréquente envie d’uriner, mal de dos, …

D’ailleurs, si certains de ces signes sont parfois perçus par la femme enceinte, ils sont attribués à une constipation/indigestion/gastro pour la prise de poids ou les maux de vente. Un retard de règles peut quant à lui être considéré comme normal car les règles sont habituellement irrégulières (dans ce cas vous pouvez d'ailleurs porter nos culottes menstruelles en dehors de vos règles, en prévision). En effet, ces femmes n’ont pas conscience de leur état donc rien ne peut leur permettre de comprendre qu’il s’agit d’une grossesse. Leur corps ne montre aucun symptôme car il agit comme un mécanisme de défense.

En effet, l’utérus, au lieu de se positionner vers l’avant, va se positionner dans la longueur, verticalement, en poussant le diaphragme, les intestins et les poumons. Le fœtus se trouve alors en partie sous les côtes de la mère. C’est en fait les abdominaux, qui inconsciemment contrôlés par le cerveau vont contraindre l’utérus à se positionner de cette manière, en se tendant. Les organes sont ainsi compressés sans pour autant que la femme ne ressente la moindre gêne et qu’il y ait des signes physiques pouvant révéler une grossesse.

Les causes possibles d’un déni de grossesse : 

Le déni de grossesse est un trouble de la gestation psychique. En effet, la grossesse est à la fois un processus de changements physiques et physiologiques (permettre au bébé de se développer), mais aussi psychique. Durant les 9 mois de grossesse, une femme « devient mère », elle s’y prépare. 

Or durant un déni de grossesse, le psychisme nie inconsciemment la grossesse, et cela se répercute, comme nous l’avons vu précédemment, par des changements physiques pas ou peu perceptibles. Cela est souvent dû à l’histoire propre de chaque femme comme par exemple : 

  • Ambivalence du désir d’enfant

  • Conflits internes non résolus

  • Rapport au corps difficile

  • Rapport à la sexualité difficile, ou éducation sexuelle inexistante dans la jeunesse (tabou, etc)

  • Communication des émotions difficile

  • Contexte familial difficile (relation avec ses propres parents, deuils récents, …)

  • Traumatismes passés ou actuels (abus sexuels ou psychologiques)

  • Trouble de l’adaptation

  • Stérilité supposée

  • Grossesses rapprochées

  • Contexte non propice à une grossesse (travail, famille, …)

Le déni de grossesse semble donc être un mécanisme de défense, issu de l’inconscient, pour faire face à une souffrance interne qui les empêche de gérer la réalité d’une grossesse.

Déni de grossesse et répercussion psychologiques : 

Le déni de grossesse est souvent levé lorsqu’une tierce personne (médecin ou autres) émet verbalement le fait qu’il s’agisse d’une grossesse. Si cela n’est pas le cas, ce déni perdure souvent jusqu’à l’accouchement. Néanmoins, si la levée du déni est opérée, un changement physique et psychologique se débloque alors subitement. 

Néanmoins, la découverte d’une grossesse est un véritable choc pour la femme et cette annonce peut être très difficilement vécue. Une sensation de perdre le contrôle de son corps, qu’il les a trahi, peut alors être vécue. Mais aussi un sentiment de culpabilité et de honte car elles ont la sensation d’avoir abandonné le bébé et n’ont pas été actrices de leur grossesse, avec parfois des abus (alcool, tabac, …). Il y a aussi parfois une sensation d’incapacité à être une bonne mère et avoir un instinct maternel naturel car elles n’ont pas « été capables » de savoir qu’elles étaient enceintes.

Après un déni de grossesse, il est donc important que la mère se fasse accompagner jusqu’à terme et parfois après, pour pouvoir comprendre ce traumatisme et permettre de créer une relation mère-enfant. 

En effet, lors d’un déni de grossesse, il n’y a pas de grossesse psychique, seulement physique (malgré tout très cachée). Or notre société pose encore un tabou autour de ce sujet, mettant en avant le mythe de la « bonne-mère » qui doit être comme ci ou comme ça. Néanmoins, chaque grossesse est une forme « d’adoption » et certaines femmes ont du mal à accepter leur enfant après l’accouchement, cela arrive même souvent. Le déni de grossesse n’est donc qu’une forme extrême de ce phénomène. 

Il a d’ailleurs été constaté qu’un nombre important d’IVG et d’accouchement sous X étaient issus d’un déni. Il est donc important d’accompagner les femmes pour qu’elles fassent le meilleur choix, en connaissance de cause et en étant rassurée, pour elles.

 

Le déni de grossesse en chiffre : 

Le déni de grossesse représente environ 1 naissance sur 500 chaque année, ce qui représente environ 600 à 1 800 femmes concernées chaque année en France. 38% de ces dénis (environ 330) seraient total et 0,6% des femmes en déni de grossesse accoucheraient à domicile (environ 85).

 

De plus, il peut arriver que le milieu médical culpabilise davantage la femme qui a fait un déni de grossesse en soutenant qu’il est impossible qu’elle soit passé à côté de signes qui annoncent une grossesse. Les sages-femmes estiment d’ailleurs ne pas avoir été assez informées/formées sur le sujet. Il serait donc important d’avoir une formation adaptée du personnel médical, et une meilleure information du grand public pour accompagner au mieux les femmes qui découvrent un déni de grossesse, dans le but de minimiser les conséquences pour la mère et l’enfant.


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