Comment est mon vaginisme ?

Comment est mon vaginisme ?

Monica Gatsé
Temps de lecture : 6 minutes

Sexualité et déclenchement du vaginisme

Si vous cherchez la définition du terme vaginisme sur le net, vous trouverez sûrement celle-ci : “Le vaginisme est un trouble sexuel qui se caractérise par la contraction involontaire des muscles du périnée rendant la pénétration douloureuse voire impossible”.

Qu'est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme, c’est bien plus qu’un trouble sexuel. C’est une véritable souffrance. Un véritable calvaire, pour les femmes qui le vivent. 

Le vaginisme, c’est aussi l’incompréhension et cette question qu’on se pose sans arrêt : “Pourquoi les autres femmes y arrivent et pas moi?”

Le vaginisme, c’est également ce conflit constant entre le corps et l’esprit : L’esprit qui dit oui et le corps qui dit non. 

J’ai moi-même souffert de vaginisme par le passé et je peux vous affirmer que ce trouble m’a atteint non seulement sur le plan sexuel mais aussi sur le plan personnel.

Je ne me sentais pas “normale” et je ne me sentais pas “femme”. C’est stupide de penser ainsi vous me direz. Mais c’est comme ça que je raisonnais à l’époque. 

Je pensais que le jour où j’arriverais à faire l’amour, je serais une “vraie femme”.

S’il y a un message que je tiens à vous faire passer, c’est le suivant : Le vaginisme se guérit bien et ce n’est pas une fatalité.

Mon rapport à la sexualité avant que je ne débute ma vie sexuelle :

Je ne me suis jamais vraiment intéressée au sexe. Ce n’était pas un sujet abordé dans ma famille et la seule personne qui m’en a vraiment parlé c’est ma mère. Elle avait commencé à m’en parler à l’adolescence lorsque j’ai eu mes premières règles. Je me souviens qu’elle m’avait dit de “faire attention aux hommes et de me protéger lors de mes rapports.”

Je ne m’étais jamais non plus intéressée à mon sexe. Pour moi, mon sexe c’était juste un minuscule trou par lequel les règles et l’urine passaient (à l’époque je pensais que le canal de l’urêtre et celui du vagin étaient les mêmes). 

Au départ je pensais que mon désintêret du sexe était volontaire. Mais après avoir effectué un profond travail sur moi-même je me suis rendue compte que le désintérêt à l’égard du sexe et de mon sexe avait une cause profonde : des abus sexuels que j’avais subi dans l’enfance.

 J’avais totalement occulté mon sexe. J’avais conscience d’en avoir un mais je n’avais aucune connaissance de sa forme, sa taille, sa couleur et son fonctionnement. La vérité, c’est que mon sexe me faisait peur. Je ne l’avais jamais observé dans un miroir. Je ne le touchais uniquement que pour le nettoyer. Pour moi, le vagin c’était un canal rigide et très étroit. Je pensais que rien ne pouvait y entrer (que ce soit mon propre doigt, un tampon et pire encore un pénis).

Comment s'est déclenché de mon vaginisme ?

Ce qui a déclenché mon vaginisme, ce sont les abus sexuels que j’ai subi lorsque j’avais 3 ans. J’ai des souvenirs très vagues de ce qui s’est passé (j’ai quelques flashbacks qui me viennent mais c’est toujours très flou). Mais ce que je sais c’est que j’avais ressenti une douleur très vive au niveau de mon sexe. Et le traumatisme a ressurgi lors de ma première fois. Je dirais même qu’il s’est aggravé lors de ma première fois.

J’ai vécu une première fois très douloureuse. Je me souviens avoir entendu beaucoup de femmes dire à quel point la première fois faisait mal et qu’on pouvait saigner. Ces paroles sont restées ancrées et j’appréhendais énormément ce moment-là.

Le fameux jour arriva et le scénario catastrophe que je m’étais imaginée se réalisa :  : J’ai ressenti des douleurs atroces et j’ai saigné.

Je me souviens que mon ex avait mis plus d’une trentaine de minutes avant de réussir à me pénétrer. 

Lorsqu’il est rentré, j’ai littéralement eu l’impression de mourir.

Ce que j’ai ressenti à ce moment-là s’apparentait à des coups de couteau qu’on me mettait à l’entrée du sexe. 

Sans le savoir, mon calvaire a commencé à partir de ce moment-là. J’avais développé un vaginisme primaire*.Je ne m’étais pas vraiment inquiétée à ce moment-là car j’avais mis cela sur le compte de la première fois. Les rapports qui ont suivi étaient tout aussi douloureux mais je me disais toujours “tu viens de commencer ta vie sexuelle, ton corps doit d’abord s’habituer”.

 La première fois n’est pas toujours celle qu’on nous montre dans les films.  Des fois ça passe. Des fois ça coince et des fois ça ne passe pas du tout, du tout. Et vous, votre première fois, vous l’avez vécu comment? Bien ? Plutôt pas mal ? Ou bien c’était un cauchemar comme la mienne ?

*Le vaginisme primaire est la forme de vaginisme qui apparaît au tout début de la vie sexuelle. Il s’oppose au vaginisme secondaire qui est la forme qui apparaît après une période durant laquelle la sexualité était satisfaisante.

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